Energies pour l’Afrique

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L’énergie est un préalable à tout développement. Oui l’Afrique connaît une croissance rapide de 5 % par an, mais pas toute l’Afrique. Le développement par l’électrification n’est certes pas une idée nouvelle, mais celle-ci ne se concrétise pas. Or l’urgence est là : 650 millions de personnes sont aujourd’hui sans accès à l’électricité sur le continent, et ce chiffre est susceptible de croître de manière significative, la population africaine devant doubler d’ici 2050.

Il s’agit bien évidemment d’une urgence sociale. Pour que les enfants puissent faire leurs devoirs le soir, pour que les femmes cessent d’accoucher dans le noir, pour que les médicaments puissent être conservés dans des frigos, pour que la jeunesse d’Afrique envisage un futur prospère sur son propre continent, il faut que l’accès à l’électricité se généralise. Il s’agit également d’une urgence économique. Le développement de l’électrification offrirait de nouvelles perspectives aux entreprises africaines, ce qui bénéficierait par ricochet aux économies européennes et mondiales. Gardons à l’esprit que si la croissance des pays africains passe de 5 % à 15 % par an, cela accroîtra la nôtre de 2 %. L’Afrique est, pour l’Europe en particulier, un relais de croissance formidable.

Les montants à mobiliser sont certes conséquents. On estime à 50 milliards le montant des subventions nécessaires, à 250 milliards le total des investissements pour aboutir, d’ici 15 ans, à un taux d’électrification de 80% sur le continent. L’ampleur de la tâche requière le lancement d’un « plan lumière ».

Bien sûr, certaines choses existent. Le Fonds vert pour le climat, promis par les pays industrialisés lors de la conférence de Copenhague en 2009, a été doté à hauteur de 10 milliards de dollars. Le plan Power Africa du Président Obama prévoit lui un investissement de 7 milliards de dollars sur 5 ans. Tout cela sans parler des initiatives des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux. Mais ces actions, aussi louables soient elles, ne permettent pas aujourd’hui d’assurer une impulsion suffisante pour satisfaire les besoins de l’ensemble du continent.

C’est dans cette optique que je plaide pour la création d’une Agence pour l’Electrification de l’Afrique, ayant l’ambition de constituer un réceptacle unique à l’ensemble des initiatives et des investissements internationaux en faveur du développement de l’accès à l’électricité, et de favoriser le développement des projets d’accès à l’électricité sur l’ensemble du continent en répondant aux besoins techniques, institutionnels, juridiques ou encore financiers des Africains.

La situation actuelle n’est pas une fatalité. Il existe une réelle opportunité d’apporter la lumière à un continent qui abritera à la fin du siècle 40% de la population mondiale, et l’Agence pour l’Electrification de l’Afrique sera la clé de voute de ce développement.

C’est pour accompagner toutes les actions d’intérêt général concourant à favoriser l’accès des habitants du continent africain à l’énergie notamment électrique, à commencer par la création de cette Agence, que le Fonds de dotation Energies pour l’Afrique a été créé.

www.fonds-borloo.org